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Préparer
le sol
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1987-1993
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L'idée de services de garde à
l'enfance d'urgence destinés aux familles de la région
d'Ottawa-Carleton a germé dans la tête de Rosemary Somers
en 1987. Madame Somers était directrice des Services
à l'enfance Andrew Fleck (SEAF), une grande agence multiservice,
établie dans la région d'Ottawa depuis 1911, offrant des
services de garde d'enfants et divers autres programmes de soutien aux
familles de son territoire. Madame Somers était reconnue pour
sa capacité à concevoir et mettre en uvre des formules
innovatrices de services de garde de qualité supérieure.
À cette époque, la région
comptait peu de services de garde d'urgence pour répondre aux
besoins d'un nombre croissant de familles de travailleurs. En 1987,
à l'aide de fonds provenant du gouvernement fédéral,
Madame Somers lança un petit programme de services de garde d'urgence
sous le parapluie des SEAF. On l'intitula Programme
de garde d'enfants à court terme. On y offrait de la garde
d'urgence au domicile du parent et chez les responsables de services
de garde en milieu familial accréditées par les SEAF.
En 1989, quand le ministère des
Services sociaux et communautaires de l'Ontario annonça un programme
pour le financement de services de garde flexibles, les SEAF se trouvaient
au bon endroit et au bon moment. Une étude formelle de besoins
en matière de services de garde d'urgence fut menée en
1989. Ses résultats démontrèrent le besoin pour
des services de garde flexibles à court terme ou d'urgence.
La graine du
Programme de garde d'enfants à court terme fut plantée
en 1989. Au même moment, les SEAF s'associèrent à
deux autres grandes agences de services de garde de la région,
soit le Children's Village d'Ottawa-Carleton
et les Services de garde à l'enfance de Gloucester, pour
présenter une demande de financement au gouvernement de l'Ontario
dans le cadre d'initier des services de garde flexibles. On voulait
réaliser, à Ottawa, un projet de services de garde d'urgence
et à court terme. Le défi qui se posait pour les trois
agences était de structurer le service de façon à
assurer la croissance maximale et de façon à répondre
le mieux possible aux besoins des parents et des enfants.
En 1989, Elsie Chan occupait le poste
de gérante des services
de garde en milieu familial au Children's Village d'Ottawa-Carleton
et était une des fondatrices du Programme de garde d'enfants
à court terme. Il lui apparaissait fondamental que le PGCT
devienne un organisme distinct reposant sur le partenariat
et la collaboration entre les trois agences de services de garde.
Madame Chan envisageait que les trois agences seraient des
partenaires égaux et responsables de la croissance du PGCT.
Elle prit sous son aile le nouveau programme parce qu'elle
croyait profondément en la nécessité de mettre
en place des
services de garde d'urgence pour répondre aux besoins des
parents qui travaillaient. Cette conviction anime toujours
Madame Chan dans ses fonctions actuelles comme directrice
des Services à l'enfance Andrew Fleck.
En 1989, les trois agences de services
de garde ont obtenu du gouvernement trois ans de financement pour mettre
en uvre le Programme de garde d'enfants à court terme.
Le PGCT s'est donné comme structure celle d'un organisme à
but non lucratif. Les trois agences de services de garde fondatrices
étaient représentées au conseil d'administration
de l'organisme. Le PGCT avait comme mandat de dispenser des services
de garde d'urgence et à court terme à des enfants âgés
de trois mois à douze ans. Ces services pouvaient se donner au
domicile des enfants (seule solution lorsque l'enfant est légèrement
malade) ou, lorsque leur service de garde habituel était interrompu,
chez une responsable de services de garde en milieu familial réglementée
ou dans une garderie. Le PGCT avait également conclu une entente
de services avec la municipalité régionale d'Ottawa Carleton
pour offrir des services de garde aux enfants malades dont les familles
étaient admissibles aux subventions pour frais de garde. Toutes
ces familles de la région d'Ottawa-Carleton et de la Capitale
nationale pouvaient bénéficier du PGCT.
Dès la première année, les racines du programme
s'étaient largement ramifiées dans la collectivité.
En 1993, le PGCT avait desservi plus de 450 familles et leurs enfants.
Sa clientèle augmentait avec constance, au rythme de sa crédibilité
et de la confiance et de la loyauté qu'il inspirait aux parents
qui avaient recours à ces services. Après deux ans de
fonctionnement, le pourcentage de réutilisation des services
par une même famille atteignait 63 %.
La première personne à occuper le poste de directrice
générale du PGCT (1987-1992), Valerie Bryce, se souvient
des premières années de ce programme innovateur.
"Le fait d'offrir des services
de garde aux familles admissibles aux subventions pour frais de garde,
des personnes qui autrement n'auraient pas pu se payer ce type de
service, qui n'étaient pas rémunérées
si elles s'absentaient de leur travail ou qui n'avaient pas de famille
sur qui compter a été une de mes grandes satisfactions.
Nous pouvions leur offrir des services de garde à court terme,
des services de bonne qualité. Ce n'était pas toujours
facile mais c'était immensément satisfaisant "
La qualité des services de garde
offerts par le PGCT était assurée et maintenue par d'excellents
spécialistes en garde d'enfants au domicile du parent, en milieu
familial et en garderie. Les spécialistes en garde d'enfants
qui se rendaient au domicile du parent étaient évaluées
et sélectionnées avec beaucoup d'attention et en fonction
de leur expérience en services de garde ou dans un domaine connexe.
Les spécialistes en garde d'enfants au domicile du parent et
les gardiennes en milieu familial étaient supervisées
par la coordonnatrice des services de garde du PGCT qui faisait des
visites à domicile. Le recrutement, la formation et la surveillance
des spécialistes en garde d'enfants étaient une préoccupation
constante du personnel du PGCT.
En dépit de sa croissance positive, des facteurs extérieurs
sont intervenus pour nuire au programme. En mars 1993, aux termes du
projet pilote de trois ans, le gouvernement ontarien, dans la foulée
de ses coupures budgétaires a cessé de financer le PGCT.
Étant donné que le gouvernement était sa plus importante
source de financement, le programme n'avait d'autre choix que de fermer
ses portes. Par coincidence, au moment de sa fermeture, le PGCT avait
atteint un sommet : en mars seulement, il avait offert 250 jours de
garde.
Cependant, le sol était fertile et le projet s'était proliféré
dans la collectivité avec des racines un peu partout. La clientèle
était nombrese et son taux de satisfaction élevé.
Bon nombre d'organisations privées et communautaires découvraient
le programme et réalisaient que c'était un moyen précieux
de gérer les besoins cruciaux de dotation en personnel. L'Hôpital
Civique d'Ottawa, un gros employeur, avait déjà négocié
une entente de service avec le PGCT pour offrir de la garde d'urgence
à son personnel infirmier et administratif. Un sondage réalisé
par le Conference Board du Canada en 1989 auprès de plus de 11
000 salariés canadiens avait soulevé beaucoup d'intérêt
dans la population. Ses résultats avaient indiqué que
pour 80 % des personnes sondées " trouver un service de
garde d'urgence à la dernière minute " était
leur principale difficulté. Par ailleurs, on ne pouvait pas trouver
de garde à court terme ou d'urgence dans le réseau des
services de garde.
Il y avait de plus en plus de parents canadiens actifs sur le marché
du travail et ils disposaient de peu d'options lorsqu'un service de
garde régulier était interrompu soudainement.
Ne
jamais dire jamais
Les membres du conseil d'administration du PGCT, toujours aussi convaincus
du bien fondé du projet, ont alors pesé les choix qui
s'offraient à eux : fermer leurs portes ou se trouver une autre
structure de financement. La source de financement avait été
supprimée mais les besoins de la collectivité en matière
de garde d'urgence n'avaient pas disparu pour autant.
Le PGCT n'allait pas s'affaisser. En réponse aux besoins des
parents et le défi impératif de trouver une nouvelle structure
de financement, les membres du conseil d'administration du PGCT et leur
partenaire, l'Hôpital Civique d'Ottawa, ont décidé
de poursuivre de nouvelles pistes et d'explorer de nouvelles formules.
L'Hôpital Civique d'Ottawa avait un grand besoin de services de
garde d'urgence pour ses travailleurs et travailleuses et était
extrêmement motivé à trouver une solution : le coût
de remplacement de ses infirmières était plus élevé
que de gérer la garde d'urgence comme un moyen de dotation en
personnel. La motivation et le dynamisme de l'Hôpital Civique
ont été deux facteurs déterminants dans la relance
du Programme de garde d'enfants à
court terme.
Vonnie Kline, championne et partisane du programme dès le départ
et employée de l'Hôpital Civique d'Ottawa, a vu ses convictions
à l'égard du programme de garde d'urgence corroborées
par l'analyse de rentabilisation menée pour le compte d'un consortium
communautaire.
L'Hôpital Civique d'Ottawa fut
la première à démontrer du flair
pour les affaires en offrant des services d'urgence de garde
d'enfants. Reconnaissant les avantages pour ses employés
de recevoir de l'aide au chapitre de la conciliation travail et
famille, l'Hôpital Civique a mené des consultations communautaires
en 1993 et 1994 pour explorer une nouvelle structure de financement
qui permettrait deremettre sur pied le PGCT.